Saitoo's Fictions

Saitoo's Fiction - Nouvelle - J'aime ton sourire

J’aime ton sourire

Les thèmes du récit :   

Il ne se passe pas un jour sans que mon regard ne se pose sur lui. Il a une telle prestance que nul ne peut l’ignorer. Je n’arrive pas à savoir si je suis jaloux ou admiratif vis-à-vis de sa personne. Une chose est certaine, dès que l’occasion s’y présente, c’est plus fort que moi, je me sens obligé de le regarder. C’est devenu presque une étrange et absurde habitude.

Diplôme en poche, j’ai quitté le soleil de la Californie pour la frénésie new-yorkaise. Neuf mois sont passés depuis mon emménagement et à ma grande surprise, je me suis assez vite habitué à mon nouvel environnement de travail. Il faut dire que j’avais énormément d’aprioris sur la vie qu’on pouvait avoir ici. Heureusement, la plupart n’étaient que des ridicules stéréotypes ne reflétant absolument pas la réalité. Néanmoins, il y a une chose que j’imaginais et qui s’est avérée.

Lorsque j’étais adolescent, j’étais fan d’une série très populaire. Il s’agissait d’un sitcom se déroulant dans un bureau en plein cœur de Manhattan. Il y avait un personnage particulièrement attractif dans tous les sens du terme : Scott Leblanc. Il était l’archétype du businessman dans toute sa grandeur.  Splendide, grand, intelligent, mais aussi excessivement sûr de lui. Il n’était pas spécialement gentil ni antipathique. Et pourtant, que ce soit dans la fiction ou dans la réalité, tout le monde admirait ce personnage. Moi le premier.

J’en ris aujourd’hui, mais j’ai vainement tenté de lui ressembler. Sans doute parce que nous avions le même prénom et presque le même patronyme. J’avais vu en cela un signe du destin. Malheureusement, je ne suis pas du genre à vivre derrière un masque. Si Scott Leblanc est charismatique et sait manipuler son entourage avec une aisance déconcertante pour arriver à ses fins, j’en suis incapable. Ma maladresse et mon honnêteté sont mon plus gros point faible. J’ai alors fini par abandonner cet idéal… Jusqu’au jour où mes yeux se sont posés sur Andrew Richard Jones.

Il est 11 h 15, il ne devrait pas tarder. Tous les jours à cette heure-ci, Andrew vient rendre une petite visite au département commercial pour prendre un café avec son fan-club. Bien que notre service se trouve deux étages au-dessus du sien, il ne rate presque jamais ce rendez-vous. D’après ce que j’ai compris, il faisait auparavant partie de ce service avant d’être promu à un poste de décisionnaire. Il a malgré tout gardé cette habitude de prendre sa pause-café de 11 h à notre étage.

Bien qu’on m’ait invité à de nombreuses reprises à leur pause, je ne me suis pas encore résolu à m’y rendre. Cet homme m’intimide bien trop. Je préfère rester à mon bureau et l’observer discrètement.

À peine est-il arrivé qu’il est déjà entouré par les femmes du service. Quel veinard ! Ou plutôt quel crâneur ? Aux yeux de toutes les femmes de mon service, je suis étrangement devenu l’adorable petit frère dont elles doivent prendre soin. D’après elles, ma maladresse me rend « mignon ». Avant même d’avoir tenté quoi que ce soit, ma personnalité m’a discrédité aux yeux de la gent féminine de mon département.

Je soupire en me laissant tomber sur ma table. Je l’envie énormément et pourtant il me tape sur les nerfs. J’aimerais tant avoir sa prestance. Pourquoi n’ai-je pas autant de chance que lui ? Le monde… Non, la vie est vraiment injuste.

Je lui lance un dernier regard quelque peu boudeur puis je rougis aussitôt. Pour la première fois depuis mon arrivée, nos yeux se croisent. Sous le choc, je perds totalement le contrôle de mon corps. Je me redresse brusquement en renversant au passage ma bouteille d’eau qui roule jusqu’au sol. En voulant le rattraper dans sa course, je fais tomber la paperasse qui s’entassait sur le coin de mon bureau dans le vacarme assourdissant. Tout l’open-space se fige après s’être tourné en ma direction. Ils sont d’abord surpris, voire désolés pour certains, puis presque à l’unisson, ils se mettent à rire de ma énième maladresse.

– Scotty a encore frappé, dit David en s’approchant de moi. Sérieusement, plus gauche tu meurs. Il faut songer à te soigner.

– Aide-moi au lieu de m’embêter, dis-je en soupirant avant de me baisser pour ramasser les feuilles qui s’étaient éparpillées un peu partout.

– Oui, oui. Ça te coutera une bière Scotty.

J’oublie un instant David pour regarder une dernière fois en direction de l’espace aménagé pour les pauses-café. Bien évidemment, mon ramdam n’étant pas passé inaperçu, même eux se moquent discrètement de moi. Andrew me regarde navré et amusé, ce qui me vexe franchement. Je me sens un peu pathétique qu’il m’ait vu sous ce jour.

David, qui a sans doute entendu mon soupir désespéré, pose son bras sur mon épaule.

– Ne t’en fais pas Scotty. Ce n’est pas parce que tu t’es affiché devant Andrew et son fan-club que c’est la fin du monde. Pour la bière, j’étais sérieux. Ce soir, il y a une petite soirée entre collègues. Ça te dit de venir ? Il y aura Andrew, tu pourras te rattraper devant ton idole.

– Ce n’est pas drôle David. Et puis, je n’oserai même pas me présenter devant lui après ce fouillis.

– Tu exagères. Tu as fait tomber des feuilles, la belle affaire ! Il s’en fiche de ça. Sérieusement, je ne comprends pas tout ce que vous lui trouvez à ce type. On dirait un robot à vouloir être parfait. De toi à moi, ce type me fout les boules !

– Est-ce que ton ressenti à son égard n’est pas motivé par ta jalousie ? Il me semble que Rebecca fait elle aussi de son fan-club ? dis-je en lui lançant un regard moqueur.

– La ferme, Monsieur le maladroit ! N’oublie pas : après le boulot, c’est soirée bière ! Et n’essaye même pas de te défiler !

Je le regarde partir en affichant un sourire amusé. David ne porte pas spécialement Andrew dans son cœur. Et pourtant, il ne le déteste pas. Il a déjà travaillé avec lui à de nombreuses occasions et il m’a avoué qu’il est très compétant et efficace. C’est juste que Rebecca, la belle ébène du service digital, est pour ainsi dire la présidente du fan-club d’Andrew. En réalité, il n’y a pas de fan-club. Il s’agit juste d’un surnom donné aux admirateurs et admiratrices du majestueux Andrew. Ce surnom n’est pas péjoratif, car tout le monde dans la boite est plus ou moins fan de cet homme. Cette admiration est telle que parfois, je me dis que David n’a pas tort. C’est un peu ridicule d’autant magnifier un simple collègue. Cependant, je ne suis pas d’accord avec lui lorsqu’il qualifie Andrew de robot. Comment l’expliquer… ? Bien que ressemblant à Scott Leblanc, Andrew dégage quelque chose qui le rend un peu plus humain. Scott Leblanc n’est qu’un personnage fictif, il est donc facile d’en faire un homme parfait. Cependant, nous vivons dans la réalité et dans notre monde personne n’est irréprochable. Malheureusement, je ne connais pas assez Andrew pour le prouver.

– J’aimerais tant en apprendre plus sur lui… murmurais-je avant de secouer la tête. Scotty, tu délires ! C’est quoi ses envies bizarres ?!

***

Finalement, je n’ai pas pu échapper à la soirée entre collègues. David et deux autres collègues m’ont encerclé avant que je ne puisse quitter mon bureau. J’ai littéralement été kidnappé ! Bon, j’exagère. En réalité, une fois en bas de l’immeuble, ils m’ont supplié de venir. J’étais tellement gêné, d’autant plus que les passants nous regardaient d’un air curieux, que j’ai fini par accepter. Fort heureusement, les soirées bières de notre boite ne sont pas pénibles dans le sens où personne n’est obligé de boire. Mon seul problème, c’est qu’au bout d’un moment cela devient très vite bruyant, comme c’est le cas aujourd’hui. Au bout de deux heures, la musique ambiante a doublé en volume et les premières personnes légèrement ivres commencent à devenir incontrôlables. J’en alors profite pour sortir discrètement prendre l’air.

– Bon sang, trop de bruit, dis-je en soupirant

– Bienvenue au club.

Je me tourne vers mon interlocuteur et d’emblée mon visage vire au rouge écarlate.

– Andrew ?! je m’exclame, surpris de le voir

– Tu n’as pas à être autant surpris en me voyant, dit-il en riant. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je ne suis pas une célébrité, ajoute-t-il en allumant une cigarette.

– P-pardon… Vous… C’est juste que… Vous… Je… Désolé.

Il se contente de me sourire avant de prendre quelques bouffées de fumée. Je réalise alors que j’ai devant moi un nouvel Andrew que je n’avais jamais vu auparavant : Andrew, le fumeur.

– Si la cigarette te dérange, n’hésite pas à me le dire. Tu sais, tu peux me tutoyer. Je ne suis pas aussi vieux que j’en ai l’air, Scott.

– Vous… Tu connais mon nom ?

– Tu es presque aussi célèbre que moi. Il faut dire que ton service apprécie énormément « Scott, l’adorable maladroit ».

Je ne peux pas m’empêcher de soupirer blasé. La honte. C’était donc l’image qu’Andrew a de moi ? Comme c’est grotesque.

– Je ne suis pas si maladroit que ça…, dis-je pour me défendre.

– C’est ce que j’ai cru voir ce matin, ajoute-t-il en riant.

– S’il vous plait, ne vous moquez pas. J’ai assez honte comme ça.

– Attention, tu recommences à me vouvoyer.

– Dans ce cas… si tu arrêtes de te moquer de moi, je te tutoie.

– Ça me va, dit-il en souriant.

Je le vois tripoter frénétiquement le bracelet en argent qu’il a sur le poignet. Ce n’est pas la première fois que je le vois faire.

— C’est un cadeau ? lui demandais-je.

– Oui, d’une personne qui m’est précieuse.

– Ta petite amie ?

Il me lance un regard surpris, puis il sourit amusé.

– En quelque sorte.

Je n’ose pas lui demander ce qu’il veut exactement dire par « en quelque sorte ». Après tout, mes questions sont déjà assez indiscrètes. Et même si je le voulais, une mélodie retentit et interrompt notre conversation. Andrew sort son smartphone de la poche intérieure de sa veste. Il s’excuse d’un geste de la main et décroche.

– Oui ?… Je suis à une soirée entre collègues… C’est calme parce que je suis sorti fumer un instant… Je sais, je ne devrais pas. Désolé.

Est-ce sa petite amie ?

– Ne t’inquiète pas, je suis encore sobre… Oui… Passer cette nuit ? D’accord, à tout à l’heure alors.

Il raccroche en écrasant sa cigarette. Elle lui a sans doute fait un reproche au sujet de sa consommation de tabac. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sentis jaloux.

– Je ne vais pas tarder à y aller, m’avoue-t-il. Tu veux que je te couvre pour que tu puisses aussi t’enfuir ?

– Non, impossible. Je dois ramener David.

– David ? Oh, le boute-en-train du service commercial ? Je crois qu’il ne m’apprécie pas vraiment. Tiens, c’est étrange. Tu es ici depuis quelques mois et tu sembles très proche de lui.

– C’est parce que nous sommes originaires du même quartier, mais aussi parce que nous avons fréquenté les mêmes établissements scolaires. Lors de mon arrivée dans la boite, on s’est juste naturellement rapproché.

– Je vois. Tu intègres un nouvel environnement avec un visage qui t’est familier. C’est tant mieux.

Son téléphone vibre bruyamment. Il semble avoir reçu un message étant donnée qu’il prend le temps de lire quelque chose sur l’écran. Sa petite amie a l’air assez étouffante… Mince, Scott ne juge pas sa petite amie alors que tu ne l’as jamais rencontré !

– Je dois y aller, dit-il en rangeant son portable. Arf, je n’ai plus le temps de dire au revoir aux autres. Dis-le-leur de ma part. À la prochaine Scotty.

Je rougis. C’est la première fois qu’il m’appelle par mon surnom. Et puis… Il a dit « à la prochaine », ce qui veut dire qu’il prévoit éventuellement de discuter à nouveau avec moi à l’avenir. Me considère-t-il à présent comme une personne étant partie de son « cercle d’amis » ? Il avance vers l’avenue puis je réalise qu’il avait gardé son manteau et sa sacoche depuis le début. Il prévoyait donc de partir assez tôt. Je ne peux m’empêcher de le suivre du regard, et ce jusqu’à ce qu’il monte dans un taxi. Je soupire. Ah, ce n’est pas bon. Si ça continue, on va me prendre pour un gay.

***

Les semaines passent et sans trop comprendre pourquoi, je suis  devenu ami avec Andrew. Comme je m’en doutais, il n’est pas aussi impénétrable qu’il en parait. Il est vrai qu’il est très sociable, mais il lui arrive aussi par moment d’avoir envie d’être seul. J’ai même eu occasion de parler avec un Andrew capricieux et râleur. Ce sont des aspects de lui que je me suis surpris à découvrir avec une certaine satisfaction. Il est loin du robot que me décrivait David. Quelque part ça me rassure un peu.

En parlant de David, même s’il n’apprécie que peu Andrew, il est content de notre rapprochement. Il faut dire que par mon biais, il peut dorénavant parler un peu plus souvent avec Rebecca. Cependant, leur relation est tout de même assez particulière. Par respect, j’évite d’utiliser le terme « comique », mais on n’est pas loin. Ces ceux-là passent leur temps à se quereller comme chien et chat. Rien de bien sérieux, mais ils se chamaillent pour un oui ou un non. La dernière dispute en date c’était de savoir si l’on dit « pain au chocolat » ou « chocolatine ». J’ai souvent l’impression de me retrouver avec mes deux petits cousins âgés de 12 ans en leur présence. Sans oublier le fait que je soupçonne David d’être un sacrement masochiste au vu du caractère de Rebecca. Quoi qu’il en soit, leurs disputes sont le plus souvent cocasses. Bien que les sentiments de David ne semblent pas trouver d’écho, je suis certain que Rebecca l’apprécie malgré tout.

Andrew aussi semble s’amuser des scènes de ménage des deux tourtereaux. Un jour, il m’a avoué qu’il les envie. Dans un premier temps, je n’ai pas très bien compris où il voulait en venir. Puis, j’ai réalisé qu’il passait énormément de temps à scruter son téléphone. Parfois il semble soucieux. D’autres fois, il affiche un regard triste. Est-ce que son couple bat de l’aile ? Je n’en sais rien et je n’ose pas le lui demander. C’est pourtant très surprenant. Jusqu’à présent j’étais persuadé qu’une femme sortant avec Andrew lui envierait régulièrement des messages. Surtout après notre première rencontre. Et encore plus lorsqu’on sait qu’une grande majorité des femmes célibataires de la boite rêvent d’avoir Andrew pour amant. Si j’étais sa copine je serais assez inquiète à ce sujet, mais voilà je ne le suis pas. Le plus malheureux c’est que je vois qu’il n’est pas bien, mais je ne peux malheureusement pas faire grand-chose. J’ai peur qu’Andrew me trouve trop impertinent.

Aujourd’hui, je mange dans le réfectoire en compagnie de David et Rebecca. Je n’ose pas interroger Andrew sur sa vie privée, mais ma curiosité devient de plus en plus pressante. Cela me travaille tant que je suis à peine le débat de mes amis. D’ailleurs, Rebecca se vexe en voyant que je ne l’écoute plus du tout. Je m’excuse, puis brusquement l’idée me vient brusquement : peut-être que Rebecca peut m’aiguiller. Après tout, n’est-elle pas la directrice du fan-club fictif d’Andrew ?

– Dis Rebecca, tu connais bien Andrew n’est-ce pas ?

– Attention, Scotty, tu vas vexer la groupie, se moque David.

– La ferme, dit-il agressivement à David avant de reporter son attention sur moi. Oui, je le connais bien. Pourquoi cette question ?

– Eh bien… Je me demandais, vu que tu le connais assez bien… Peut-être que… Je veux dire… Comment est sa copine ?

David recrache presque l’eau qu’il est en train de boire en explosant de rire. Rebecca quant à elle me regarde surprise, puis elle me sourit compatissante.

– Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Oh, tu ne savais pas qu’il avait quelqu’un ? Mince, j’ai fait une bourde ? je demande, quelque peu paniqué.

David redouble ses rires et Rebecca finit par se mettre à rire à son tour.

– Du calme, Scott. Ne t’en fais pas, tout le monde sait que Andrew est avec quelqu’un, me rassure la jeune jeune femme. Cependant, je pensais que tu le savai. Comment dire… Eh bien, Andrew est gay.

– Gay ?!, m’écrié-je surpris. Gay ? repèté-je cette fois-ci en murmurant comme sus le choc.

– Étant donné que vous traînez assez souvent ensemble, je pensais qu’il te l’avait dit.

– Je ne le savais pas. Il ne m’a rien dit…

– Scotty, t’es vraiment un comique, se moque David. Tout le monde le sait, même s’il ne te l’a pas dit tu aurais dû le savoir.

Je me sens vexé. Tout le monde sait que Andrew est gay sauf moi. Je me suis rendu alors compte que c’était la première fois de ma vie que je passais autant de temps avec une personne homosexuelle. Certes, Andrew est très élégant, mais il n’a rien à voir avec l’image que je me fais des gays. De plus, il me semble avoir parlé avec lui deux ou trois fois des femmes. Était-ce de la comédie ? Bon sang, je me sens bête.

— Dis-moi Scott, tu viens bien de la Californie ? demande Rebecca

– Oui.

– C’est tout de même un état assez ouvert avec l’homosexualité. Tu ne devrais pas être gênée par la sexualité d’Andrew.

– C’est pas ça… Je veux dire, c’est vrai que je n’ai jamais connu de gay avant ça, mais ça ne me gêne pas. C’est vrai que je ne sais pas trop comment réagir, mais là n’est pas le problème. Je suis juste un peu vexé qu’il ne me l’a pas dit.

– C’est parce que tu ne m’as jamais demandé mon orientation sexuelle, dit une voix derrière moi.

– Andrew ?! je m’exclame surpris.

David reprend de plus belle ses rires. Rebecca le réprimande, mais elle ne peut s’empêcher elle aussi de rire en voyant mon visage viré au rouge.

– Je suis désolé, je ne voulais pas me montrer indiscret, je balbutie gêné d’avoir été pris sur le fait.

– Ne t’en fais pas pour ça, dit-il en s’asseyant à côté de moi. C’est normal d’être curieux.

C’est dingue, quelle que soit la situation, Andrew garde toujours sa « cool-attitude », comme le dit si bien Rebecca.

– Si tu es aussi curieux, à l’occasion je t’emmènerai dans un bar gay… C’est rempli de gentils messieurs bien musclés qui adorent les jeunes hommes maladroits dans ton genre. Je te taquine, ajoute Andrew en riant après avoir vu mon regard presque effrayé.

– Ce n’est pas drôle, je dis en rougissant alors que tous rient de moi.

Après cela, nous changeons naturellement de conversation. À la fin du repas, je descends en bas de l’immeuble pour la « pause clope » d’Andrew. Bien que ne fumant pas, j’ai commencé à prendre l’habitude de descendre avec lui. Généralement, on marche quelques mètres jusqu’au parc situé non loin des bureaux. On y reste alors 5 à 10 minutes en parlant de tout et de rien.

– Andrew, lors de notre première rencontre, quand j’ai parlé de ta petite amie, tu avais l’air surpris. Pourquoi ne m’as-tu pas corrigé ?

– Oh. Tu as vraiment une très bonne mémoire. Je ne sais pas, je trouve ta naïveté mignonne.

Je le regarde quelque peu dégouter. Me prend-il pour un adolescent ?

– Pitié, ne commence pas à parler comme les femmes de cette boite. Je ne suis pas mignon.

– Pardon, pardon, s’excuse-t-il en souriant. Pour te dire vrai, je savais que tu m’admirais de loin un peu comme un stalker.

– Je.. C’est pas… Je…

Je rougis de honte sans pouvoir trouver les mots.

– Ne t’en fais pas, je suis habitué à ce qu’on me regarde. Cela ne me gêne pas. Et puis c’était assez mignon. Oh pardon, je veux dire, c’est charmant. Quand tu m’as parlé de ma possible petite amie, je voulais juste que tu gardes cette admiration à mon égard.

– Narcissique, dis-je en levant les yeux au ciel

– Haha, possible. Mais c’est surtout que je ne voulais pas t’effrayer avec ma sexualité. On est peut-être en 2016, mais certaines personnes ont encore du mal avec ça. Et puis, je voulais vraiment faire ta connaissance.

Je ne sais pas quoi dire. Si plus tôt j’étais vexé, cette fois-ci je me sens presque… heureux.

– Je pense… Non. Je me fiche que tu sois gay ou autre. J’aime le Andrew que tu es. C’est tout !

Andrew me regarde les yeux écarquillés. Je réalise alors la stupidité de ma phrase et toute l’absurdité qu’elle y comporte. Andrew explose de rire. Je me redresse brusquement prêt à m’enfuir, mais Andrew m’attrape par le bras.

– Je t’interdis de t’enfuir après m’avoir sorti une phrase aussi niaise que celle-ci. Scott, tu es vraiment un gars fantastique. J’apprécie. Merci de m’accepter comme tel, me dit-il en souriant.

Que puis-je faire face à un aussi bel homme qui me sourit de la sorte ? Mince, qu’est-ce qui m’arrive… ?

***

Ce matin pour la huitième fois, j’ai rêvé d’Andrew. Jusqu’à là rien de grave. Le souci c’est que pour la 3e nuit consécutive, je me suis réveillé avec une sensation d’humidité à l’entrejambe.

Je ne sais pas ce qui m’arrive, mais c’est tout bonnement affreux ! Je n’ose même plus regarder Andrew en face tant je me sens mal. Pour une raison que j’ignore, je me mets à faire des rêves à tendance gay. Pire encore, Andrew est toujours présent. Un moment, j’ai songé à consulter, mais c’est ridicule. Faire des rêves érotiques, qu’ils soient hétéros ou non, ne fait pas de moi un fou. Alors pourquoi ai-je l’impression de perdre la tête ?!

Ceci me rend si dingue, que même lors de la réunion de ce matin, mon responsable m’a réprimandé à cause de mon manque d’attention. Ça ne peut plus continuer ainsi, sinon mon travail risque très vite d’en prendre un sale coup.

Il est 11 h 15, je sors de la réunion franchement démoralisé. Andrew vient pour son habituelle pause-café de la matinée. Bien qu’il m’ait invité personnellement à les rejoindre, je m’y refuse toujours. De toute façon, vu mon état, impossible de m’y rendre et de regarder Andrew en face. J’ai trop honte de moi.

De son côté, cela ne semble pas aller non plus. Son regard est de plus en plus triste lorsqu’l scrute son smartphone. Je sais dorénavant que ce n’est pas l’appel ou les messages d’une petite-amie qu’il attend, mais celui de son amant. Mince, ça me fait un peu bizarre d’y penser. Cela n’empêche ce gars est un sale type. Je n’ai jamais jugé une personne avant de l’avoir rencontré, mais je n’aime pas cet homme. Je le trouve tout bonnement injuste à l’égard d’Andrew qui ne cesse d’attendre désespérément ne serait-ce un petit mot de sa part. Je ne connais pas exactement la situation, mais d’après ce que j’ai compris, cela fait plusieurs jours qu’il ne donne plus signe de vie. Or certains amis d’Andrew l’ont aperçu et il semblait bien se porter… Si j’étais l’amant d’Andrew, jamais je ne l’aurais traité de la sorte… Merde, qu’est-ce que je raconte ?!

Ce midi, David, Rebecca, Andrew et moi, nous décidons d’aller à la brasserie au coin de la rue. Tout est « fait maison » et c’est tout bonnement succulent. Nous passons un excellent moment, et comme toujours les disputent de David et Rebecca égayer nos repas. Je suis assez rassuré, car je vois enfin Andrew sourire sans arrière-pensées négatives. Bien qu’étant déjà un bel homme, je le trouve bien plus séduisant lorsqu’il sourit ainsi.

Après le repas, nous retournons au bureau. D’ordinaire, Andrew ne monte pas à notre étage, mais actuellement il travaille sur un projet avec David. Soudain, son téléphone sonne. À en voir sa mine réjouie, c’est certainement son copain. Ce n’est pas trop tôt !

– Excusez-moi un instant, dit-il avant de courir en direction de la porte menant à l’escalier de secours.

Je reste donc en compagnie de David et Rebecca qui se chamaillent pour changer. Soudainement, une voix s’élève derrière la porte de secours.

– NE TE FOUS PAS DE MOI !!!

Ensuite, un violent bruit sourd retentit, comme si quelque chose avait été lancé contre la porte métallique. Puis le silence.

– C’était Andrew… ? s’inquiète Rebecca.

Nous nous regardons à tour de rôle troublé.

– Je vais aller le voir, dis-je enfin. Vous devriez retourner au bureau.

– Mais…, commence Rebecca avant que David ne l’interrompe.

– Allez, Rebecca, je vais te montrer le film dont je te parlais tout à l’heure. On verrait bien si c’est bien avec Tom Hanks.

Elle soupire puis abdique. Je n’ai pas besoin de leur dire de rester discrets sur ce qu’il vient de se passer, car ils ont déjà toute ma confiance.

– Hey Scotty, dit Rebecca en sortant sa paire de lunettes de soleil de son sac. Ça peut toujours servir.

– Merci.

Je prends une respiration et je m’avance vers la porte. J’entends alors d’étrange sons… Des sanglots ?… Mon cœur se serre. Je n’aime pas ça, mais je ne peux pas lui tourner le dos. Bien décidé, j’ouvre enfin la porte. Sur sol en grille, un smartphone ainsi que des morceaux d’écran brisé sont éparpillés. Assis sur les escaliers en acier, je découvre un nouvel Andrew que j’aurais voulu ne pas connaitre en ces circonstances. Un Andrew dévasté et en larme.

Je m’assois en silence à ses côtés et j’attends que ses sanglots se calment avant de dire quoi que ce soit. Finalement, c’est Andrew qui engage la conversation de son plein gré.

– Il dit qu’il en a marre de notre relation… Ou plutôt de cette expérience. Il préfère se poser avec une femme et avoir une vie normale. Nous sommes en 2016, mais cet idiot est persuadé dur comme fer que notre couple est mal vu par la société. Il n’a même pas essayé de se battre ne serait-ce un instant. C’est ridicule… Et tu sais quoi ? Le plus con de nous deux, c’est moi. Je savais que cela allait finir par arriver et pourtant je continuais à m’accrocher. Et maintenant, je pleure comme un imbécile.

– Tu n’es pas un imbécile.

– Oh que si j’en suis un. Pathétique et imbécile. Désolée de briser la superbe image que tu avais de moi, ajoute-t-il en riant amèrement après avoir essuyer ses larmes.

– Tu as toujours une superbe image à mes yeux. Pour être franc, depuis que nous sommes devenus proches, j’ai découvert différentes facettes de toi. Ça me plait et rend heureux de savoir que tu es capable d’être beau et charismatique, tout comme tu peux être blasé, amusé, énervé ou encore triste. Tu as des qualités et des défauts que je n’aurais jamais soupçonnés. J’aime toutes ces facettes de toi.

Andrew laisse échapper un petit rire entre deux petit sanglots.

– C’est la deuxième fois que tu me dis que tu m’aimes. Tu devrais avoir honte de draguer un pauvre type qui vient de se faire larguer…

– Ah ?! je m’exclame en réalisant l’embarrassante déclaration que je viens de faire. Pardon, je ne voulais pas te draguer ! Je veux dire ! Pardon, je me suis mal exprimé ! Je… !

Andrew se met à rire franchement cette fois-ci. Il relève la tête et essuie ses dernières larmes. Bien que ses yeux soient encore humides, son visage redevient resplendissant. C’est affreux, je le trouve réellement beau en cet instant.

– Je n’ai plus envie de travailler… On sèche le boulot ?

– Si ça peut te faire du bien, c’est d’accord. Ah tiens, ces lunettes peuvent te servir.

– Tu penses vraiment à tout.

– C’est à Rebecca.

– Eh bien, fais-moi penser de la remercier, dit-il en mettant les lunettes pour dissimuler ses yeux mouillés. Allons chercher nos affaires, on se rejoint en bas. Ah, Scott… Merci.

Je me contente de lui sourire.

***

Andrew n’est pas venu hier. Après avoir séché le boulot, nous sommes allées boire. Il a beaucoup pleuré. Il m’a aussi remercié à plusieurs reprise de l’avoir supporté, puis il est rentré chez lui. Le lendemain, j’ai appris qu’il avait déposé une journée de congé à la dernière minute. Résultat je ne l’ai pas vu de la journée. J’ai ressenti comme un grand vide en moi. Plus j’y pense, plus je me dis que je ne peux plus me voiler la face. Je suis bel et bien en train de tomber amoureux de lui. Mais que faire ? Je ne peux me déclarer ou faire quoi que ce soit. Pas après que son amant l’ait quitté, pour une femme qui plus est. Il doit, non il est certainement dévasté à l’heure qu’il est. De plus, accepterait-il une relation avec un hétéro après l’horrible coup bas qu’il a subi ? Il risque de penser qu’à mon tour je vais finir par le délaisser pour me ranger avec une femme. C’est normal, jusqu’à ce que mes sentiments pour lui virent de bord, j’étais hétérosexuel. De même, qui me dit que je ne le ferais pas. Je trouve Andrew très attirant, mais il m’arrive encore de trouver une femme belle et charmant. Peut-être que je suis bisexuelle sans m’en rendre compte ? Trop de questions restent en suspens. Cela crée en moi une véritable angoisse.

Je me réveille avec difficultés aux alentours de midi. J’ai très mal dormi. Les nuits blanches ne sont plus de mon âge. À peine j’ouvre les yeux, mon téléphone sonne bruyamment.

– Ouais, allo, dis-je d’une voix irritée et fatiguée. Qu’est-ce que c’est ?

– On a bien dormi à ce que je vois.

— Andrew ?! je m’exclame en me redressant. Andrew, tu vas bien ?!

– Oui, ça peut aller. Rebecca m’a dit que tu as passé la journée de vendredi à te lamenter à cause de mon absence.

– Hein ? Me lamenter ?!

– Ton inquiétude a fini par la stresser, ajoute-t-il en riant. Elle m’a appelé hier au bord de l’hystérie et m’a ordonné de faire quelque chose.

– Elle n’est pas bien cette nana ! T’engueuler alors que c’est toi qui…

Je m’interromps de peur de raviver sa blessure.

– Scott, je ne suis pas fait de sucre. Ce qui s’est passé avec Marc ne m’a pas enchanté, loin de là. Mais j’encaisse. Je vais bien, je te rassure.

Marc. Cette enflure a enfin un nom.

– D’accord, je réponds peu convaincu. Dis Andrew, tu as quelque chose de prévu aujourd’hui ?

– Plus maintenant. Tu as quelque chose à me proposer ?

– Ça te dit d’aller voir l’exposition dont tu m’as parlé l’autre fois.

– Tu es sûr ? L’art ce n’est pas trop ton dada.

– Eh bien, aujourd’hui je me sens artiste.

– Si tu le dis, dit-il en riant. Dans ce cas, rendez-vous à 15 h devant le musée d’art moderne. Ne traite pas trop au lit et ne soit pas en retard !

– Promis.

À peine ais-je raccroché que je me suis hâté pour me préparer. Finalement, je suis arrivé un peu en avance. Lorsque Andrew débarque à son tour, je réalise que c’est la première fois que je le vois dans ses habits de tous les jours. C’est aussi la première fois qu’on se découvre en dehors du cadre du boulot ou des soirées entre collègues. Même sans costume, il est splendide. Je suis sûr que les passants le prennent pour un mannequin, à voir leurs regards.

Durant toute la visite de l’exposition, Andrew me parait « normal ». Il ne semble pas spécialement triste ou amer. Il rit facilement à mes remarques et cette histoire avec ce Marc ne semblait n’être qu’un cauchemar. Bien qu’étant assez maladroit et parfois trop naïf, je ne suis pas un imbécile pour autant. Je sais pertinemment que tout ceci n’est qu’apparat. Néanmoins, je me dis que si notre petite journée déteinte lui permet de se changer un peu l’esprit, ça me convient.

Après l’exposition, Andrew s’improvise guide touristique pour moi. Il est vrai que depuis mon arrivée ici, je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter cette ville emblématique qu’est New York. Nous sommes descendus vers le sud en nous arrêtant à quelques lieux « incontournables » d’après Andrew. Nous avons ensuite pris le ferry pour une courte balade. Fatigué et un peu affamé, j’ai proposé à Andrew de nous arrêter à un restaurant. Il me conseille de prendre un taxi pour nous rendre à un excellent restaurant français qu’il apprécie tout particulièrement. N’ayant jamais mangé de la nourriture française, j’accepte par curiosité.

Nous avons de la chance, car nous sommes tombées sur un chauffeur fort agréable. Je ne peux m’empêcher de regard Andrew du coin de l’œil. Son rire me fait si chaud au cœur. Je suis tellement heureux de le voir aussi souriant.

Arrivée à bon port, nous disons au revoir à notre nouvel ami en lui souhaitant un bon courage pour le reste de sa journée du travail.

– On aurait peut-être dû prendre ses coordonnées, dis-je. Il était très sympathique.

– Qui sait. Mais si l’on devait demander les coordonnées de tous les gens qui ont été sympathiques avec nous un jour, on risque de se retrouver submergé d’appels. De toute façon, ils nous prendraient pour des gens bizarres à leur demander leur numéro de téléphone après leur avoir parlé 5 minutes, dit-il en riant.

– Ah, possible. Je m’excuse. Parfois, je suis un peu simplet.

– Je ne dirais pas ça. Le mot juste est « humain ». Tu es gentil et très sincère. C’est ce que j’apprécie chez toi et…

Brusquement, Andrew se fiche pétrifié comme s’il y avait un revenant devant lui. Ses poings se resserrent et tremblent légèrement. Je me tourne vers la personne ou la chose qu’il regarde pour essayer de comprendre ce qui se passe. J’aperçois deux individus de l’autre côté de la rue sortir du fameux restaurant français. Il s’agit d’un homme à la barbe de 3 jours et d’une très belle femme à la chevelure flamboyante. Je me retourne vers Andrew et celui-ci tente de dire quelque chose. Un son à peine audible y sort et je réalise enfin. C’est lui. C’est ce connard qui a fait du mal à Andrew.

– Je vais le buter, murmurais-je

– Hein ? réalise soudainement Andrew avant de rire maladroitement. Q-qu’est-ce que… Qu’est-ce que tu racontes ? Ah, mince ! Je me suis trompé d’endroit. Le restaurant n’est pas par ici. Allons-nous-en.

Il ment et sa voix tremblante le trahit. Je sais qu’il s’efforce pour ne pas craquer en ma présence. Il n’en faut pas plus pour que ma colère atteigne son paroxysme. Je me tourne et sans faire attention aux passants je me dirige vers ma cible. Avant de pouvoir traverser la rue, je suis violemment tiré vers l’arrière par un Andrew paniqué.

– Non ! N’y va pas !

– Laisse-moi Andrew, ça ne te regarde pas !

– Ne te fous pas de moi !, me hurle-t-il presque au bord des larmes. Je te signale que cette histoire me concerne un peu plus que toi !

– Je t’ai dit de me lâcher ! Se promener ainsi au bras de cette femme alors qu’avant-hier il te jetait comme une merde ! Jamais je ne le pardonnerai ! Jamais, tu m’entends ?!

Andrew soupire. Il prend une grande inspiration puis me sourit avec sincérité.

– C’est mieux ainsi. Cette relation ne menait à nulle part. J’ai mal, mais je me sens soulagé. Je te le promets. Je ne veux plus avoir à faire à lui.

– Andrew…

– S’il te plait Scott, partons.

Pour toute réponse, je le prends par le poignet et l’entraine avec moi. Je ne sais pas où je vais, mais peu importe. Je veux juste l’emmener dans un endroit plus calme, plus intime et surtout loin de ce Marc. Nous arrivons à une sorte de petit parc dissimuler derrière de grands bâtiments. On entend encore au loin les bruits de la grande avenue, mais il n’y a pas âme qui vive.

— Scott, où sommes-nous ? me demande Andrew à bout de souffle.

– Pardon, je ne voulais pas m’énerver.

– Ce n’est rien. Tu as juste voulu défendre mon honneur.

– Non ! C’est pas ça…

– Scott ?

– J’étais en colère. Non, vraiment en rogne. Je n’ai pas supporté voir ce sale type. Je me suis dit « C’est ce salaud qui a fait du mal à Andrew. C’est lui qui s’est permis de lui faire du mal après avoir eu le privilège de l’avoir ». Après ça, j’ai perdu tout contrôle.

– Le privilège de m’avoir ? Tu n’exagères pas un peu ? dit-il en riant.

– Non. Je suis sérieux.

– Scott…

J’attire Andrew vers moi et le serre contre moi.

– Je te promets que je te ferai oublier ce salaud. Je te le promets.

– Scott… Espèce d’idiot. Je t’ai déjà dit que c’était mal de draguer quelqu’un qui vient de rompre.

– Je m’en fiche.

Andrew rit en m’entourant de ses bras. Il me remercie au creux de l’oreille et je rougis. Je ne sais pas s’il a réellement compris où je voulais en venir, mais peu importe. Je ne perdrai pas face à son ex-copain. Je ferai en sorte qu’Andrew ne pleure plus une seule fois. Je le promets.

FIN


****************************************

Voilà. Merci, bye !




« Ah ouais, carrément ! Tu balances ton histoire, sans un bonjour ni rien, et tu te casses ?! »

Mais non, je suis toujours là !

Je ne vais pas partir comme ça sans papoter un peu 😛

Les friends, sans vous mentir je suis très émue !

Cette nouvelle est très basique (il faut dire les choses comme elles sont) et n’a pas de chute à proprement parler (oui, j’aime me flageller, et alors ?!), mais bordel que je l’aime !

Il y a encore des maladresses et je suis loin d’avoir totalement repris la main. Mais ce n’est pas grave, avec de l’entrainement, ça va me revenir.

J’attends vos retours avec impatience et une certaine peur. Normal, après tout c’est ma première nouvelle inédite que j’expose publiquement après 3 ans de pause ! C’est aussi pour ça que j’ai balancé l’histoire sans intro. Je me sens intimidée après tant d’année et j’avais peur de dire une connerie d’entrée 😆

Mais ce qui est fait, est fait !

Alors, n’hésite pas à me dire en commentaire ce que tu penses de cette courte histoire !

 

Édit du 26/10/2016

Une copine a lu mon récit et remarqué une incohérence plutôt marrante et franchement flagrante ! J’ai décidé de la laisser, car ça m’a bien fait rire une telle connerie, mais aussi parce que ce blog a pour but de voir dans le long terme mon évolution en tant qu’auteure. Non, sérieusement, c’est dingue sur le moment je n’ai pas fait gaffe alors que ça se voit comme le nez au milieu de la face 😆

Du coup, jouons à la devinette ! Quelle est donc cette incohérence ?

Allez, à la prochaine ! Méga gros free hug !





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4 commentaires

  • BlueRaven 26 novembre 2016

    Une petite (enfin pas si petite que ça ! ) histoire bien sympa pour signer un retour 🙂
    Le ton est frais, un brin innocent. (Grâce au personnage principal surtout, sans être trop candide, sa sincérité est sympathique)

    Et c’est une histoire encore une fois traversée d’une réalité pas toujours très marrante, mais le caractère du personnage principal apporte une bonne part d’humour et de sincérité pour pallier tout ça.

    L’histoire en elle même est agréable à lire.
    Avec le thème intéressant de l’admiration/jalousie qui se mue petit à petit en amour après la découverte de la cible.

    L’évolution du futur couple est mignon et délicat. Bien loin des approches trop rapides et bien peu réalistes (et donc sans trop de saveurs… ) des deux protagonistes qui se tombent trop vite dans les bras. Là il y a une part intéressante de doutes, une sorte de tension fragile mais bien présente.

    C’est une histoire qui pourrait presque mériter une suite, si les idées sont là!

    (Et de quel genre d’incohérence il est question ? J’ai peut être lu trop vite et je n’ai pas tilté x) )

    • Fran Geldon 27 janvier 2017

      BleuRaven, je m’excuse pour la lenteur de ma réponse !

      Effectivement, je voulais un récit simple et frais. Je ne voulais pas un truc trop déprimant pour fêter mon retour et puis je suis dans ma phrase de récit « good feel » ou un truc dans le genre 😆 On peut faire un récit sur un sujet sérieux sans pour autant l’inonder de pathos à n’en plus finir :’)

      Je suis très contente que tu apprécies l’évolution des sentiments des personnages. J’avais peur qu’en passant de la jalousie à l’admiration puis à l’amour ça fasse un peu cliché, mais contente que tu aies apprécié. Et c’est aussi vrai que je ne voulais pas de coup de foutre d’un coup. C’est aussi pour cette raison qu’Andrew n’accepte à aucun moment les sentiments de Scott. Du moins je ne l’ai jamais concrètement stipulé. On ne sait pas vraiment ce qui se passe après les embrassades. Andrew et Scott sont-ils devenus un couple ? Ou sont-ils restés des amis proches ? Je préfère le lecteur imaginer sa propre suite 😀 (même si je t’avoue c’est ultra frustrant pour moi de ne pas donner ce que j’imagine pour eux xDD)

      Petit indice concernant l’incohérence dont je parle : ça donne faim ! 😛

  • Furiae 18 janvier 2017

    Une incohérence ? Ah, je ne sais pas… Peut-être que le bracelet aurait dû subir quelques dégâts, au passage ^^

    C’est une histoire classique, agréable, fraîche. J’avoue que la naîveté du protagoniste m’a parfois trop rappelé les scènes récurrentes de mangas yaoi, mais je ne peux pas t’en vouloir : c’est ta passion ! Ce serait juste parfait avec un peu plus de maturité et de détails. Elle mérite d’être un peu plus longue. Il y a aussi quelques erreurs de frappes, ou de « grammaire » qui laissent à penser que le récit a pu être écrit avec le protagoniste de sexe féminin… Mais certains fautes peuvent aussi être dues au codage de la police, non ?

    • Fran Geldon 27 janvier 2017

      Furiae, on en a déjà parlé en MP, mais je vais quand même te répondre. Qui sait, ça peut éclaircir les autres lecteurs et lectrices 😛

      Une fois de plus, merci pour le bracelet ! Je n’y avais absolument pas pensé ! Je vais modifier le texte pour en faire part, du coup, merci beaucoup !

      Concernant les fautes de grammaire, avant de dire des bêtises, je vais me relire. En fait, je ne sais plus si c’était fait experts ou non ^^’

      Pour la longueur du récit… Si je l’avais rendue plus longue, elle serait devenue une série xD C’était très frustrant, mais j’ai préféré m’arrêter là avant de gâcher la « magie de la chose »… Ouais ça ne veut pas dire grand-chose, mais je me comprends ahahaha !

      En fait, si à l’époque je n’avais aucun mal à écrire de courtes nouvelles, je t’avoue je peine un peu aujourd’hui. Peut-être parce que je suis restée longtemps sans écrire, je n’en sais rien. En tout cas, je reprends petit à petit le rythme. Prochainement, je vais essayer de mettre en place un « truc », mais je n’en dis pas plus pour l’instant 😛

      Enfin, bon sang que je suis heureuse que tu aies fait un parallèle avec les mangas. Tu dis avoir l’impression de voir des personnages de manga et c’est totalement ça ! Tu le sais déjà, mais pour ceux qui ne le savent pas, quand je l’ai écrit ce récit je l’imaginais comme un manga yaoi (enfin ici shonen-ai). Avant l’écriture, j’avais lu toutes mes lectures de manga et scan yaoi / shonen-ai de ma PàL (pile à lire). Et c’est ainsi qu’au fil de mes lectures l’idée de cette histoire m’est venue 😀

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