Saitoo's Fictions

Pourquoi les livres d’horreur sont-ils plus flippants que les films ?

Pourquoi les livres d'horreur sont-ils bien plus flippants ? — Image d'un livre ouvert avec des inscriptions étranges. Le livre est posé sur un sol sali de terre près d'un crâne de squelette et de bougies éteintes.

⌛ Si tout va bien, ça va te prendre 7 minutes à lire 🤔 !

Est-ce que j’aime les livres d’horreur ?

Comment vous dire ?

Bon, je suis une vraie flippette !

Les films d’horreur, c’est no way.

Non ! Ne cherche à me convaincre, car C’EST MÊME PAS LA PEINE !

Le dernier film en date que j’ai vu c’était Insidious

… et j’ai bien failli arranger le bras de ma pote 😱 !

Bon sang, encore aujourd’hui elle doit encore avoir les bleues…

Non, mais t’as vu cette horreur ?! Rien que la bande annonce me fait flipper !

Mais je dois avouer qu’il y a quelque chose qui me fait encore plus peur que les films d’horreur…

Ce sont les LIVRES D’HORREUR !

… ou si tu préfère, les livres d’épouvante.

J’en vois déjà certains me sortir « what’s that fucking logic ?! », mais, croyez-moi, ces foutus romans sont sacrément flippants !

Et pas besoin de 50 000 raisons pour vous convaincre que les romans d’horreurs sont des abominations ! Des enfants bâtards de Belzébuth ! SATANAS !!!!…

… Parce qu’en réalité, seules 2 raisons me suffisent pour vous prouver les livres d’horreur et donc les romans d’horreurs sont encore plus effrayant que les films d’horreur !

1 – Les livres d’horreur dévoilent ton côté trouillard

Je ne sais pas vous, mais moi quand je lis un roman, je le vis. La scène ne se déroule pas devant mes yeux, mais je suis le personnage et je vis ce qu’il expérimente.

    « Victor avançait dans la pénombre lorsqu’une silhouette fit son apparition au loin. Le garçon sentit ses muscles se raidir et cessa tout mouvement. Il essaya tant bien que mal de respirer, mais sans comprendre pourquoi, la peur lui tordait douloureusement les intestins. Dès lors, un étrangement liquide acide remontait peu à peu le long de sa paroi digestive sans vraiment parvenir à y en sortir. 

    Décidément rien ne voulait fonctionner. 

    L’inconnu à l’aspect squelettique le fixait à quelques mètres de là, le regard absent, mais étonnamment brillant à la lueur de la pleine lune. La douce brise de nuit devint terriblement glaciale. Victor voyait désormais son souffle se transformer en épais nuage qui vola un mètre jusqu’à l’autre. Un chuintement peu ragoutant se fit entendre quand l’étrange individu descendit mollement sa tête sur le côté. 

    Et soudain, un déchirant hurlement. Le garçon gémissait si fort qu’il s’en brisa les cordes vocales. Il avait eu à peine le temps de cligner de l’oeil que le monstre s’était rapproché à moins d’un centimètre de lui. Ou, était-ce l’adolescent qui s’était avancé vers lui ? Qui s’en soucie ? Certainement pas la silhouette qui laissait place à un hideux visage défiguré dont la chair tombée au pied du garçon. 

    Victor entendit alors la faucheuse l’appeler au loin et Victor sut qu’il ne verrait jamais plus la lueur du jour ni ses proches. »

Pas convaincu ?

Bon en même temps j’ai écrit ce court texte à la va-vite pour l’article, donc ce n’est pas terrible.

Bon, prenons dans ce cas l’exemple du King en personne :

     “Au moment même où sa main se refermait sur la poignée de la porte, il entendit derrière lui un raclement métallique et il sursauta comme s’il avait reçu, en touchant l’acier de la poignée, une décharge électrique. Ses yeux s’exorbitèrent et ses traits se crispèrent en une grimace convulsive.

    Il se reprit, lâcha la poignée et se retourna avec précaution. Ses articulations craquaient, il avait des jambes de plomb. Lentement, il revint sur ses pas jusqu’à la porte de la salle de bains.

    Le rideau de douche, qu’il avait repoussé pour examiner la baignoire, était de nouveau tiré. C’étaient les anneaux qui en glissant sur la tringle d’acier avaient provoqué ce bruit métallique qui avait résonné à ses oreilles comme des ossements se tassant dans un caveau. Il regarda le rideau, bouche bée.

    Quelque chose se dissimulait derrière, dans la baignoire.

    C’était une forme indistincte, aux contours flous, qu’il devinait à travers le plastique. Ça pouvait être n’importe quoi. Peut-être n’était-ce qu’une illusion d’optique, provoquée par un jeu de lumière, ou l’ombre de la pomme de douche. Ou même une femme morte depuis longtemps, étendue dans son bain, une savonnette Lowila dans une de ses mains raidies, attendant la visite de son prochain amant.”

BON SANG DE BONSOIR QUE ÇA FOUT LES JETONS !!!

Le petit Danny apeuré et se cachant les yeux - Extrait du film The Shining de Stanley Kubrick adapté du roman éponyme de Stephen King (GIF - image animée)

Le petit Danny du film The Shining apeuré et se cachant les yeux

Et ça, c’était juste un petit extrait de Shining du grand maître de la littérature d’horreur : Stephen King !!!

Personnellement, quand je lis ce genre d’extrait, non seulement j’ai la chair de poule, mais mon cœur palpite à m’en faire mal.

En bref…

JE NE SUIS PAS, MAIS ALORS PAS DU TOUT BIEN !

Pourquoi ?

Car durant ma lecture je suis Victor et j’ai autant les chocottes que lui.

Tout comme je suis Jack dans Shining et que je ressens cette ambiance glauque et pesante autour de lui !

Le film d’horreur lui vous montre une scène avec un environnement et des personnages. Et pour ne rien arranger, rares sont les films d’horreur qui ont une vue subjective (c’est-à-dire filmé à la première personne).

Résultat, on voit l’action, on a peur, mais pas pour nous. On a la frousse pour les personnages qu’on voit. Et d’une certaine façon, on se sent en sécurité, car on a un recul sur ce qui se passe à l’écran.

Alors qu’en lisant un roman (peu importe le point de vue utilisé), on a tendance à entrer entièrement dans le récit. On lit un roman, mais ce n’est pas tout. On imagine et on vit chaque mot écrit dans les livres d’horreur.

Ainsi, sans le vouloir, quand on lit on a tendance à être plus empathie envers les personnages, car nous devenons les personnages.

Quand le personnage souffre, on souffre. Quand il est heureux, on est heureux. Et quand il se pisse de peur, c’est limité si l’on n’est pas à deux doigts de le faire nous aussi.

Bref, tu ne te contentes pas de regarder avec amusement un personnage vivre quelque chose d’effrayant. Tu le vis comme si tu étais à sa place.

Après c’est un sentiment propre à chacun.

Certaines personnes se sentent plus investies lorsqu’il regarde un film et non lorsqu’elles lisent un roman. Ça arrive. Et cela dépend aussi de l’auteur.

Eh oui, tous les auteurs ne sont pas capables à faire ressentir de manière réelle les actions ou encore les sentiments de leurs personnages. Certains ont clairement un talent pour ça, et pour d’autres, ça se travaille !

2 – Raison n°2…

Bob L'éponge extasié et mimant "ton imagination" en faisant apparaitre un arc-en-ciel (GIF - image animée)

Bob L’éponge extasié et mimant « ton imagination » en faisant apparaitre un arc-en-ciel

Qu’il y va-t-il de plus horrible que notre imagination ?

Eh bien moi j’ai la réponse : RIEN DU TOUT !

Beaucoup des enfants ont peur du noir, car ils arrivent à voir ou apercevoir toutes sorte de monstres et créatures abominables que leurs imaginations leur font voir.

Pour certains, cette peur du noir continue même à l’âge adulte et parfois ils oublient l’origine de cette peur.

Au collège, j’avais une amie qui refusait de laisser ses pieds dépasser du lit. Tu pouvais argumenter ou essayer de lui dire que ce n’était rien, il était HORS DE QUESTION pour elle de le faire. Pourquoi ? Eh bien, d’après elle, cela portait malheur. Sur le moment, j’ai trouvé ça un peu bizarre et un peu drôle comme superstition. Puis j’ai oublié.

Plus tard, j’ai rencontré une autre fille qui avait elle aussi cette même et étrange habitude de ne jamais faire dépasser ses pieds du lit.  Elle m’a alors expliqué que lorsqu’elle était enfant, elle avait peur du monstre sous le lit et en grandissant c’est devenu une sorte d’habitude mêlée à de la superstition.

Une autre amie m’a dit qu’elle aussi évitait de faire dépasser son pied du lit de peur qu’un psychopathe y surgisse, l’attrape et la tue.

C’est horrible, mais quand elle m’a dit ça, j’étais morte de rire.

Mais en préparant cet article, je me suis souvenue que cette amie est tout comme moi une fan de la série Esprits criminels (Criminal Minds) et d’autres séries du même genre.

Pour ceux qui ne connaissent pas Esprits criminels, en une courte phrase : on y suit des agents du FBI qui font du profilage (analyse et étude de la psychologie des criminels) afin de trouver et arrêter des criminels (très très très souvent des tueurs en série).

Du coup, je suppose que son esprit a peut-être transformé une potentielle peur du monstre sous le lit, à une peur du tueur en série en grandissant. Après tout un tueur n’est-il pas lui aussi un monstre ?

Tu vois où je veux en venir ?

Chacune d’entre elles a la même crainte, mais chacune a sa propre interprétation et évolution de cette peur. Mais pour tous, leur peur part d’un même point de départ : leur terrifiante imagination.

Et c’est ça le problème avec les livres d’horreur !

Là où un film d’horreur te montre la vision, l’interprétation et l’imagination d’une autre personne (le metteur en scène, le réalisateur, etc.), le livre d’horreur laisse libre cours à TON imagination et à toutes les folies dont elle peut faire preuve.

Alors, imaginer une personne qui déborde d’imagination comme moi et qui s’apprête à lire un ou pire : plusieurs livres d’horreur…

Choses très importantes à ne surtout pas oublier : ton esprit te connaît mieux que personne, parfois mieux que toi-même.

Tes peurs les plus sombres et les plus profondes n’ont pas de secrets pour lui.

Et ce sale bâtard de traître n’hésitera pas une seule seconde à les partager à ton imagination, histoire de bien te faire peur, et même te faire chialer toutes les larmes de ton corps !

Et puis, on n’y fait pas forcément attention, mais quand tu regardes un film d’horreur, c’est plutôt facile de fermer les yeux (et de se boucher les oreilles) quand il y a un passage bien flippant. Si, si. C’est THE technique de flippette testée et approuvée par moi-même !

Mais quand tu lis, ce n’est pas pareil…

Tu auras beau fermer les yeux autant de fois que tu le voudras, tu verras malgré tout la scène se dérouler devant toi.

Et c’est ça qui est à la fois beau et effrayant avec un roman.

Avec un roman, l’histoire ne se joue pas sur un écran, mais dans ta tête…

Je te vois venir « ouais, mais on peut fermer nos livres d’horreur et ne plus y penser ».

Eh bien, teste et dis-moi en commentaire si ça marche !

Perceval de la série française Kaamelott qui applaudit tout en criant "C'est mortel !" (GIF - image animée)

Perceval de la série française Kaamelott qui applaudit tout en criant « C’est mortel ! »

Alors, tu comprends mieux pourquoi j’ai plus peur des films d’horreur que des romans ?

Après il y a d’autres raisons qui font que j’ai plus peur en lisant un roman qu’en regardant un film. Mais l’imagination et le fait de vivre réellement ce que ressent et fait le personnage sont à mes yeux les deux raisons majeures.

Et sinon, qu’as-tu lu pour Halloween ? 

Perso, je me suis plongée corps et âme dans du Lily Haime et c’était sacrément bon !

Bah quoi ? Tu ne t’attendais quand même pas à ce que je lise un livre d’horreur ?! Et puis quoi encore 😂😂😂 !

 

[Source image : Photo de Joy Marino provenant de Pexels ]

Allez, je m'en vais pour de nouvelles aventures ! Gros Bisous Baveux !

Laisse-moi un petit mot doux... ou non  😆

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