Saitoo's Fictions

Saitoo's Fiction - Nouvelle - Je t'aime à en mourir

Je t’aime à en mourir

Les thèmes du récit :   

     Des hurlements, des insultes, des larmes puis une porte qui se ferme violemment pour y mettre un terme. Combien d’années se sont écoulées depuis nos dernières et tendres embrassades ? Est-ce cela là la conséquence de tous nos sacrifices ? Où est donc la passion qui nous animait jadis ? Où est passé cet amour que l’on croyait au-dessus de tout ? Nos larmes ont-elles coulés jusqu’à vider nos cœurs de toute substance ? C’en est trop.

      Il fait étrangement beau en ce mois de novembre. Le temps est tel que cela donne presque l’impression d’être encore en septembre. Pourtant, je me dis qu’un temps pluvieux aurait été plus approprié. Ainsi cette situation aurait été encore plus pathétique qu’elle ne l’est.

     Je vis à Paris depuis 6 ans maintenant et pourtant, j’ai encore du mal à m’y habituer. Elle me manque ma petite vie dans la Creuse. J’étais encore jeune, mais aussi très naïf. Et pour cause, j’ai tout quitté pour les beaux yeux d’une petite citadine. L’amour m’a rendu sot et maintenant le destin me rit au nez. Quelle succulente tragédie !

     Ma relation avec celle qui partage ma vie n’est plus aussi romantique qu’à ces débuts. Certes, mon attirance pour elle grandit de jour en jour, mais parallèlement ma répulsion envers cette même personne devient de plus en plus insoutenable. Je sais que mon amour pour elle n’est qu’un mélange de paradoxes qui peut en déconcerter plus d’un. Moi-même, je suis conscient de l’absurdité d’une telle relation. Malheureusement, il m’est impossible de rebrousser chemin. Après tout, je l’aime. Mais voilà, aujourd’hui nous sommes encore disputés. Et à bout de nerfs, je suis tout simplement parti.

     Cela fait un bon bout de temps que je marche sans vraiment savoir où je vais. Lorsque je tombe nez à nez avec une station de métro, j’ai curieusement envie d’aller à Montmartre. C’est bien le seul endroit qui me fait rêver dans cette saleté de ville. En dehors du Sacré-Cœur et autre site touristique du coin, les quartiers de Montmartre sont extraordinairement calmes et agréables. J’ai toujours voulu vivre à Montmartre, mais ce n’est ni avec mon ridicule salaire et encore moins avec le sale caractère de ma fiancée que ce rêve aurait pu se réaliser.

     Je prends donc la ligne 12 du métro jusqu’à la station Jules Joffrin, qui se trouve dans le 18e arrondissement. Normalement, à cet endroit on peut prendre une navette qui nous conduit jusqu’au pied du Sacré Cœur. Néanmoins, je refuse de prendre cet horrible bus touristique. Une fois. Une fois dans ma vie j’ai pris ce minibus. « Plus jamais » ais-je dit après les quelques minutes de trajet. Je n’en garde pas un très mauvais souvenir.

     C’était ma première année à Paris. Une fois de plus, je m’étais disputé avec ma moitié. Elle ne voulait pas se rentre au Sacré Cœur avec moi. Elle m’avait craché d’y aller seul, chose que j’avais faite. Cependant, j’avais eu la malchance de m’être entouré d’une famille d’Anglais et d’un petit groupe de six de ces fameux touristes stéréotypés venant du Japon.

     Je ne vous le cache pas, je me suis toujours méfié des Japonais. Ils sont intelligents et très sournois. J’avais vu un reportage qui disait que pour tous le Japon n’est que la deuxième puissance mondiale, mais en réalité ce lui qui domine le monde. Quoi que, récemment la Chine commence à bien se défendre. Dans tous les cas, Japonais ou Chinois, c’est la même graine. Il faut toujours se méfier de plus intelligent que soi, disait mon oncle. Quant aux Anglais présents, j’ai été plus que déçu par ces individus. On aura dit une pâle copie d’une de ces obscène et grotesque familles d’Américain qu’on voit à la télévision. Où sont passés les gentlemans et les ladies du temps de Sherlock Holmes ? Où est passée la légendaire élégance anglaise ?! Foutus touristes !… Après il est vrai que j’ai une personnalité assez particulière. Je n’aime que très peu de monde et j’ai tendance à me méfier des gens. Ce qui est tout à fait humain selon moi. Ma fiancée dit que je suis juste un taré parmi tant d’autres. Quelle idiote.

     Je marche lentement, un peu au hasard, mais toujours en me dirigeant vers le Sacré-Cœur. Les chemins que je prends sont assez vides de monde. Et pour cause, les gens sont si fainéants. Il est vrai que cette partie de la Capital est sur une sorte de colline. Il est aussi vrai qu’il y a énormément d’escaliers qui aident à l’ascension vers le Sacré-Cœur. Ainsi, de nombreuses personnes préfèrent le bus ou la navette par paresse. À mes yeux, ils n’ont aucune excuse. D’autant plus que j’ai croisé au cours de mon ascension un ou deux seniors que j’ai aidés volontiers à porter leur sac de courses. Bien que ce ne soit pas spécialement par sympathie, mais par pure politesse. Quoi qu’il en soit, si ces vieux peuvent le faire, alors pourquoi pas les plus jeunes.

     J’ai aussi pris le temps de leur parler. Ou plutôt, j’ai pris le temps de les écouter. En général, les vieux aiment raconter leur souvenir du bon vieux temps. Je ne comprends pas pourquoi les personnes âgées ressentent ce besoin de divulguer à de parfaits inconnus les moments les plus marquants et parfois intime de leur vie. Bordel, c’est un trésor à garder pour soi et non pas à déballer au premier venu ! Je ne m’amuse pas à raconter aux inconnus la fois où j’ai surpris mon cousin en train en train d’embrasser avec fougue le voisin d’en face. Je ne dis pas à la première personne que je croise quelle fut ma joie d’humilier cet horrible cousin qui m’a toujours tyrannisé en allant dévoilant sa romance à qui voulait l’entendre. Je ne vais pas non plus crier sur les toits l’extase que j’ai ressentie lorsque mon oncle et ma tante l’ont appris. Et enfin, je ne vais pas me lamenter sur la déception que j’ai eue en voyant ce tyran que je pensais fort chassé comme une merde par mon oncle. Je n’ai plus jamais entendu parler de ce cousin, mais que voulez-vous, lui aussi a été pris au piège par l’amour. Je ne sais pas ce qu’il est devenu, ni s’il est encore en vie et encore moins s’il est encore avec le voisin d’en face ? Très franchement, je m’en fiche. Fin de l’histoire.

     J’arrive enfin à une ruelle vide. Elle est beaucoup trop calme. Je n’entends ni les habitants des immeubles qui m’entourent ni les bruits qui caractérisent d’ordinaire la ville. J’aime ce silence. Fatigué, je m’assois sur l’une des marches. Les immeubles me tournent tous le dos, il n’y a donc pas de portes d’entrée ni de sortie. J’ai trouvé la ruelle parfaite. Je soupire, m’étire et me détends. Je lève la tête vers le ciel. Je réalise que le soleil s’est déjà couché. Je ferme les yeux en soupirant.

     Quelle vie aurais-je eue si je ne l’avais pas à mes côtés ? Quel aurait été mon destin si j’étais resté dans ma Creuse chérie ? Puis une nouvelle question me vient soudainement : qu’est-ce que je deviendrais si elle mourait demain ? Je me fige puis un fou rire me prend. Je ris de ma bêtise. Au fond, je pense que cela ne changerait pas vraiment mes habitudes. Je resterai certainement sur Paris. J’aime mon village natal, mais elle a dû changer depuis. Je pense que je ne me sentirais pas si soulagé, car c’est en partie grâce à cette pouffiasse que ma vie est devenue moins ennuyeuse. Certes, j’ai quitté ma famille, mon village, mon boulot pour les beaux yeux traitres d’une sale sorcière. À mon échelle, c’est comme aller à l’autre bout du monde. Peu de monde ose faire ce que j’ai fait. Et pourtant, chaque jour sa présence m’irrite, m’énerve et me dégoûte. C’est compliqué comme relation n’est-ce pas. Heureusement, c’est cette attirance mêlée à ce dégoût mutuel que l’on a l’un pour l’autre qui nous unit. Jamais on n’a envisagé une possible séparation. On s’est trouvé, on restera ainsi. L’amour vache dirait certaines personnes, mais pour moi, c’est l’amour véritable.

     Il est déjà tard. Vingt-deux heures. Elle doit être devant sa stupide télé-réalité. Il vaudrait mieux que je rentre. Elle commence à me manquer. Je m’étire à nouveau et je visualise une dernière fois l’environnement qui m’entoure. Promis, je reviendrais. Tiens, j’essayerai même de l’amener ici, tiens. Elle n’aimera pas, mais qu’importe. Je reprends le chemin inverse pour rentrer chez moi. Je me dis qu’un bouquet de fleurs ne lui fera pas de mal. Malheureusement, aucun fleuriste n’est ouvert à cette heure. J’ai tout de même assez de chance car, j’ai trouvé une boutique de pompes funèbres encore ouverte. Une vraie aubaine, devrais-je dire : signe du destin ? Je lui ai pris un bouquet de fleurs choisi par mes soins. J’ai menti en lui disant que c’était pour ma grand-mère décédé. Je ne suis pas débile, je ne vais quand même pas lui dire que c’est pour ma fiancée. Il m’aurait pris pour un fou. J’ai pris un bouquet qui exprime notre relation à la fois notre fidélité et fourberie mutuelle avec des fleurs d’armoise et des roses jaunes. Je lui ai aussi demandé de m’ajouter quelques roses trémières pour symboliser cet amour quelque peu complexe, mais qui en réalité est très simple. Enfin des fleurs de chrysanthème et scabieuse pour la tristesse qu’engendre notre relation après une dispute. Je suis persuadé que ce bouquet va lui faire plaisir. À lui seul, il exprime parfaitement notre relation et qui nous sommes. Elle comprendra et elle sera heureuse. Elle va me sourire et cela va illuminer mon petit monde.

     Une fois rentré, comme je m’y attendais, j’entends la télévision. J’entre dans la pièce à vivre sans faire de bruit pour ne pas la déranger. Elle est assise sur le canapé et me tourne le dos. Elle est tellement absorbée par ces idioties de télé-réalité qu’elle ne réalise pas ma présence. Je prends un vieux vase que j’ai trouvé dans le placard à l’entrée de la salle commune. Je vais à la cuisine pour la remplir d’eau puis j’y insère son bouquet dedans. Je la rejoins ensuite sur le canapé et je pose le vase sur la table basse. Elle regarde la télévision avec une expression figée de terreur. Elle ne sourit pas. Quoi que je fasse, elle n’est jamais contente. J’ai fait l’effort de lui acheter un putain bouquet de fleurs à la con, mais rien à faire. Elle n’en a rien à faire. Je prends une lettre posée sur la table basse. C’est la 4e fois en deux jours que je lis son message. Je souris puis un fou rire incontrôlable me prend. Sur cette lettre, elle dit vouloir me quitter. Et c’est vrai qu’elle est partie. Finalement, elle est revenue ce matin. On s’est encore disputé puis finalement elle est restée. Je prends le vase et le lui donne. Elle me souris enfin. Je vous l’ai dit. Malgré notre répulsion pour l’un et l’autre c’est impossible d’envisager une éventuelle séparation.

Une découverte macabre dans un immeuble résidentiel de Paris.

Après avoir entendu une violente dispute dans un des appartements de la résidence « Joy » en plein centre de Paris, un voisin alerte la police. Ce n’est qu’après avoir attendu près de 14h que ceux-ci se décident à se rendre sur place. C’est en entrant de force dans ledit appartement que les forces de l’ordre font une découverte des plus étranges. Un homme, visiblement le locataire de l’appartement, était assis devant le téléviseur, savourant paisiblement une canette de bière. À ses côtés, le cadavre de sa petite-amie, probablement morte par strangulation, était assis en tenant un vase de fleurs. D’après l’enquêteur en charge de cette affaire, l’homme, bien que semblant être débranché de la réalité, se laissa menotter sans résistance par un des agents de la police. « Je veux voir ma femme, elle va s’inquiéter. », sont les derniers mots que les témoins ont entendus de l’individu avant qu’il ne soit emmené par les forces de l’ordre. L’homme est actuellement pris en charge par un établissement adapté en attendant son jugement. Une enquête en interne a été ouverte pour comprendre pourquoi les premiers agents ont mis 14 longues heures avant de se rendre sur place. En effet, bien que cela reste hypothétique, s’ils s’étaient immédiatement rendus sur place après l’appel du voisin, la vie de la jeune femme aurait pu être sauvée.

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Eh ben, quelle sale histoire ! 🙁

Tu vas rire, mais à l’époque j’adorais ce récit ! Mais aujourd’hui, je la trouve… Bof.

Je trouve cette histoire encore un peu maladroite et par moment très décevant 🙄

À la base c’était fait exprès car, je voulais quelque chose d’incohérent pour refléter l’esprit du personnage principal… Mais finalement, je n’y suis pas arrivée et je trouve mon personnage assez naze 😆

Enfin, bon j’attends avec impatience ton retour !

Et histoire de remettre un peu la bonne ambiance sur ce blog après une lecture, ma voie, assez déprimante, voici une vidéo rigolote de la chaine YouTube React pour se marrer un peu : Le challenge « essaye de ne pas rire » ! (parce en vrai il fait trop marrer ce challenge 😆 )

 

Allez, je m'en vais pour de nouvelles aventures ! Gros Bisous Baveux !





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4 commentaires

  • Furiae 15 janvier 2017

    Personnellement, je ne le trouve pas si nul. Il y a quelques fautes, comme « en train » écrit deux fois, mais le texte mériterait dêtre développé, pour qu’on ressente davantage d’intimité, de sentiments… ET il y a ces détails ironiques, comme les fleurs, qu’il serait intéressant de tourner autrement, pour qu’ils soient plus choquants encore ^^ Mais c’est mon avis !

    • Fran Geldon 27 janvier 2017

      Vraiment ?! Je la trouve carrément naze pour le coup ! Peut-être aussi parce qu’il est très déprimant…

      À l’époque où je l’ai écrit, c’était ma période « récit triste et déprimant ». C’est d’ailleurs à cette même période, il me semble, que Année Inoubliable avait lui aussi totalement changé niveau atmosphère… Ce qui était assez embêtant, car ça changer vraiment toute l’histoire et le message que je voulais transmettre lol Chose que je suis en train de corriger maintenant !

      Bref, je divague ! Quoi qu’il en soit, ce récit ne correspondant plus à mon état d’esprit actuel. Résultat, c’est vrai que j’ai tendance n’y voir que des défauts. Pourtant je ne le déteste pas, car j’ai vraiment eu du plaisir (un peu malsain je l’avoue) à l’écrire. Malheureusement, je doute retravailler dessus. Du moins pas maintenant. ^^’, Car comme tu le dis, ce serait vraiment cool d’approfondir un peu les sentiments justement pour rendre la fin plus choquante. À voir !

      Par curiosité, comment aurais-tu tourné les détails comme celui des fleurs ?

  • Furiae 28 janvier 2017

    Oh, c’est déjà bien comme ça, avec les fleurs qui ont leur propre signification… Le vendeur pourrait proposer un ruban avec une formule funéraire, par exemple, ou ajouter du lierre, empoisonné… pour poser sur la table basse en marbre… Mais peut-être que finalement, rajouter de la noirceur au texte, ce serait de trop. Il s’agit de l’introspection d’un amoureux malheureux, personnelle, qui doit donc respirer la sincérité ; ce n’est pas la relation, les sentiments du jeune homme qui doivent choquer le lecteur, mais l’article de presse. Après tout, un choc est un coup de massue ; net, bref. Ce qu’il y a plus haut doit au contraire le faire s’immerger, se rapprocher du jeune homme et ensuite, BAM !

    • Fran Geldon 30 janvier 2017

      Hum, pas faux. Ajouter de la  noirceur au texte risque d’atténuer l’effet de surprise de l’article. Mais dans un autre contexte, c’est pas bête comme idée. Quoi qu’il en soit, j’en prends note, on ne sait jamais X’D

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